lundi, 05 août 2013 03:56

Conakry:Une Nouvelle Voie (Juillet 2013) : accord de trêve d’incendies avec un pyromane

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Une Nouvelle Voie (Juillet 2013) : accord de trêve d’incendies avec un pyromane


Bienvenue à mon bilan du 7e mois de l’An 03 de la Condécratie, un  modèle de démocratie stalinienne avec très peu de travail, justice et solidarité ; un subtil mélange de communisme à la  FEANF et d’affairisme sans scrupules. Je continue donc mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la Nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.


1. Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois : « Je dis merci aussi à l’ensemble de nos partenaires, le PNUD, l’Union Européenne, les ambassades de France, des Etats-Unis…Vous voyez en France, les gens s’accrochent au parlement, ils s’invectivent et après ils vont au buffet du Palais Bourbon et boivent ensemble ( !). Il faut donc qu’on ait une bonne vision de la démocratie, la compétition est normale mais elle ne signifie pas la guerre….Notre pays étant à majorité musulman, même si la Guinée est un pays laïc, nous disons souvent que le pouvoir, c’est Dieu qui le donne et c’est lui qui le retire. Nous devons être fidèles à nos traditions (!!)…Si la Guinée brûle, c’est nous tous qui en pâtirons, si elle avance, c’est pour tout le monde, ce n’est pas seulement pour les militants de la mouvance, c’est pour tout le monde…Il faut qu’on ait pitié du peuple et chacun en dehors de ses ambitions personnelles…Je pense particulièrement au collectif des femmes qui se sont mobilisées. D’ailleurs, elles ne pouvaient faire autrement parce quand ça va mal, les hommes émigrent pour aller à Dakar, en France (!!) mais la femme ne peut faire autrement, elle est obligée de rester pour s’occuper des enfants » (discours à la fin du dialogue national, le 03) ; « Dans un état de droit, les citoyens ne doivent pas se rendre justice eux-mêmes. Il faut faire confiance à nos traditions et à la justice de notre pays. » (adresse à la Nation le 16, suite aux événements meurtriers de la région forestière) ; « Très souvent on attrape un voleur et au lieu de l'envoyer à la gendarmerie, on le tue. C'est ce qui s'est passé en Guinée forestière, à N'Nzérékoré, on a attrapé un voleur, on lui a coupé le bras et il est mort…Nous sommes en train de fouiller pour récupérer les armes, donc je pense que c'est quelques chose qui ne va en aucun cas gêner les élections…Il y a eu la guerre au Liberia et nous sommes impliqués, les armes circulent dans le pays, lorsqu'on a décidé de désarmer, le président d'alors Lansana Conté a refusé de désarmer, ce qui fait que ces armes circulent entre le Liberia, la Côte d'ivoire et la Guinée » (le 21, sur les massacres en région forestière pendant devant des journalistes à Brazzaville, pendant que son pays brûlait).
Pour : Je pourrais dire que le PPAC mérite un petit satisfecit ce mois-ci car il n’a insulté personne, contrairement à  la norme en Condécratie. Il a même délivré un « discours à la Nation » suite aux massacres du milieu du mois en région forestière – c’est mieux que pour la grande majorité des crimes nationaux précédents. Mais cela ne l’a pas empêché quand même de partir en ballade à l’étranger le lendemain du début des massacres, bien avant l’extinction des maisons et personnes « braisées » (calcinées).

·       Contre : quelle tristesse que de voir notre Président reconnaitre qu’il a fallu la présence de partenaires étrangers pour qu’il accepte de discuter de manière civilisée avec son opposition. Se rend-t-il compte du nombre de morts, de blessés et de ruinés inutiles qu’il a fallu pour un accord aussi simple et obtenu en moins d’une semaine ? N’est-ce pas la plus grande preuve de son échec comme « père de la Nation » ? Quand il nous parle de respect des traditions pour assener ensuite que le pouvoir est donné et retiré uniquement par Dieu, il est vraiment comique – qu’il continue à rêver ! Quant à son conseil de ne pas se rendre justice mais de laisser la justice guinéenne le faire, je ne peux pas ne pas penser à Mme Fatou Badiar Diallo qui va passer 15 années en prison pour avoir refusé de se remarier avec un militaire d’opérette proche du pouvoir ou à El hadj Boubacar Diallo qui a passé 2 ans en prison pour s’être plaint que des militaires aient attaqué sa maison à 03 heures du matin sans mandat officiel. Oser parler des massacres en Guinée Forestière lors d’un séjour à l’étranger sans un seul mot de compassion pour les pauvres victimes innocentes et en affirmant que cela n’aura aucune influence sur son seul problème important, les élections législatives, est une insulte grave aux victimes innocentes, à leurs familles et à tous les guinéens - une bassesse qui ne mérite pas d’autre commentaire.

·       Une  Nouvelle Voie : un Président de la République doit parler régulièrement à ses concitoyens pour les consoler, encourager et mobiliser, surtout en périodes de crises nationales avec morts d’innocents. Franchement s’il ne fait pas ce minimum alors il vaut mieux alors qu’il se taise pour ne pas enfoncer encore le couteau dans la plaie béante. Un Président qui banalise la mort violente d’un seul de ses concitoyens ne récoltera que mépris et rejet de tous les démocrates du monde – à plus forte raison quand il s’agit d’une centaine de victimes innocentes. En ce mois saint je prie Dieu de ne plus jamais nous donner un tel chef à l’avenir. Voilà mon vœu pour la nouvelle voie de demain.

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2.     2. Formations, séminaires, ateliers, colloques et  autres « rendez-vous du donner et du recevoir » du mois : suite à certaines suggestions avisées, je voudrais désormais supprimer cette rubrique pour raccourcir ma chronique. En plus, finalement cette shoping-liste identique tous les mois ne mérite pas d’être archivée dans le bilan de la Condécratie. Cette maladie chronique encouragée par les gouvernements pour compenser les salaires dérisoires qu’ils offrent à leurs pauvres fonctionnaires, si caractéristique des états en décomposition avancée (RDC, Somalie…..Guinée) cessera progressivement quand nos pays seront gérés de manière organisée et efficiente.

J’espère avoir des commentaires des lecteurs sur la pertinence ou non de la maintenir...

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3.     3. Les décisions et actions « positives » du mois : le 02, reprise du match de ping-pong appelé dialogue national entre les seconds couteaux du PPAC et ses ennemis jurés, les chefs de l’opposition. Dieu merci, l’arbitre du match est une personne étrangère envoyée par les Nations unies et qui n’a rien à gagner en Guinée quelque soit le vainqueur ; le 03, un accord global est finalement signé vers 17h00 par les différents protagonistes, suivi par un tir de feux d’artifice  inoubliable (quelques pétards de foire du village que je vous invite à revoir pour rigoler sur YouTube chaque fois que vous aurez le blues) ; le 08, installation d’un tribunal militaire pour juger tous les soudards de notre grande muette (environ 90%) et nous faire croire que leur impunité sera bientôt un souvenir du passé, mais plus personne ne croit à papa Noël en Guinée ; le 10, le PPAC prend un décret fixant la date des législatives au mardi 24 septembre, soit pour une fois un respect strict des accords du dialogue national – il ne reste plus qu’à attendre le prochain coup tordu du boulanger national.

·       Pour : l’accord global du 03 semble avoir touché la majorité des points essentiels pour une élection « propre » : les questions liées à l'opérateur technique et au fichier électoral ; le fonctionnement interne de la CENI ; le vote des Guinéens de l'extérieur et le chronogramme électoral. Il est en plus contresigné par les facilitateurs internationaux (officiels et cachés) et par les témoins (les Big Brothers) ce qui complique grandement les tentatives de trucage prévues par le PPAC et ses faucons. Maintenant observons s’il osera encore « magouiller » le déroulement de l’élection. Après les 6 mirages présidentiels précédents (le 30 juin 2011 soit 06 mois après son élection ; le 29 décembre 2011 ; le 12 mai 2012 ; le 08 juin 2012 ; le 30 juin 2013 et le 27 juillet 2013) la date sera en fait finalement imposée par la Communauté internationale – tant pis pour nos souveraineté et fierté nationales mal placées. La durée totale du chronogramme est de 84 jours ce qui devrait amener s’il n’y a pas de retards (mais est-ce possible en Guinée ??) le 24 septembre 2013. A mon avis, s’il n’y a plus entourloupes, le PPAC est en passe de rééditer son score historique de 18% à la présidentielle. La mise en place du tribunal militaire est une bonne action en soit, surtout par le message (sans beaucoup de conviction) envoyé à nos voyous armés, persuadés de leur impunité infinie.

·       Contre :. La date du 24 septembre pour les législatives est hélas une nouvelle fois en contradiction avec le code électoral qui exige que les élections soient organisées un jour férié (par exemple le dimanche 29) mais bon, pour une fois qu’il respecte scrupuleusement un accord on ne va quand même pas se plaindre. Pour le tribunal militaire, hélas les 27 membres seront formés en 2 mois par des « juristes » locaux (dont leurs aînés Bangoura, Fernandez et Doumbouya !!) et leur président est un général d’opérette semi-lettré (et illettré en droit) aux mains trempées dans le sang d’innocents civils. Bref, il ne faut pas trop compter sur les prouesses de cette 1e génération d’hommes de loi made in Condécratie. Comme l’a fait remarquer l’analyste guinéen Haroun Gandhi Barry : « …un tribunal militaire ne peut (en général) juger que les faits postérieurs à sa création, sinon il suffit d'inventer des tribunaux d'exception à l'envie. Généralement ce genre de tribunal n'intervenait qu'en temps de guerre.… On se demande d'ailleurs pourquoi certains militaires sont poursuivis devant la Cour d'assises et d'autres devant des juridictions fantômes, créées ex-nihilo pour satisfaire un PRG de plus en plus retors ».

·       Une Nouvelle Voie : une élection législative reportée 6 fois de suite et des juges/avocats formés en 2 mois ne présagent rien de très démocratique pour l’avenir de notre pays. Que de travaux bâclés qu’il faudra reprendre presque totalement au cours d’une nouvelle voie.

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4. Les décisions et actions « négatives » du mois : le 03, un prince saoudien 100% première main (il pèse 20 milliards USD selon Forbes) passe voir le PPAC. Il offre un million USD au femmes et enfants de Guinée qui est immédiatement versé à la fondation de la 1e dame ! Pour le remercier le boulanger lui offre sa plus grande décoration nationale. Devinez qui a vraiment gagné dans ce deal ?; le 04, le journaliste Mandian Sidibé, directeur général de la radio « Planète FM » a été inculpé pour diffamation par voie de presse et placé sous contrôle judiciaire sur ordres du PPAC, confirmation qu’à 75 ans, il ne pourra jamais s’améliorer dans le domaine des DDH ; le 05, le gouvernement interdit officiellement l’exploitation artisanale de l’or et du diamant sans durée ni raison valables (campagne agricole, mon œil !), encore un exemple du changement style XIXe siècle du trotskiste PPAC ; le 08, promotion en grade de certains militaires dont 3 nouveaux généraux. Ce sont sûrement ceux qui ont brillamment réussi le mois dernier la « prise de la bastille » de Cellou Dalein Diallo, un chef de l’opposition ; le 15, les points d’orgue de la doctrine du PPAC (gouvernance ethnocentrique et impunité pour les bénis du pouvoir) font de nouveaux morts et blessés en région forestière : les habitants autochtones Guerzés et les allogènes Koniakés (en grande partie Malinkés) appuyés par les milices Donzos du pouvoir se battent à coups de machettes, bidons d’essence et brins allumettes. Tout est parti d’une vengeance de certains Malinkés « tous permis » suite à la mort violente de 2 de leurs jeunes accusés de tentative de vol par un gardien Guerzé . Le point de départ des troubles est Koulé, le village natal du pire Moise de tous les temps (Moise Dadis Camara) mais comme une traînée de poudre sûrement savamment préméditée elle atteint immédiatement la capitale régionale Nzérékoré et la ville de Beyla. Le pire est que nos braves Koniakés en ont profité pour bastonner le doyen de la communauté autochtone tout en détruisant ses biens personnels. Comme si cela ne suffisait pas le PPAC envoie comme émissaires pour calmer la situation deux bidasses issus des deux communautés en guerre et présumés génocidaires des massacres et viols de civils désarmés le 28 septembre 2009, les tristement célèbres Pivi et Thiegboro ! Comme si la solution à des affrontements ethniques était une médiation ethnique, au détriment des ses responsabilités et celles de nos institutions nationales – c’est cela aussi la démocratie et la notion de Nation du PPAC ; Le bilan est terrible : une centaine de personnes brûlées vives, décapitées ou découpées à la machette, des centaines d’infirmes à vie, des milliers de déplacés internes et une tournure religieuse effrayante (églises et mosquées brûlées) ; le 16, le nouveau budget de la ville de Conakry est annoncé : 37 milliards de GNF, en hausse de 2 milliards par rapport à l’an dernier. Vu l’état déplorable de notre capitale on peut en conclure qu’il s’agit tout simplement d’une contribution financière au drapeau arc-en-ciel pour l’élection législative du 24 septembre ; le 17, à la veille que le pays soit transformé en feu et sang suite aux massacres en région forestière, le PPAC va en ballade à l’étranger : sommet des monarques de la sous-région à Abuja au Nigeria, puis visite à ses « frères » de Guinée Equatoriale et du Congo Brazzaville pour quémander des sous pour son changement. Il ne dormait plus et souffrait trop de ne plus voyager ; le 17, les fosses communes sont de retour en Guinée, comme sous nos 3 premiers chefs d’Etat : les cadavres des affrontements en région forestière ont été ensevelies à la hâte, officiellement pour manque de chambre froide dans les hôpitaux de la région ; le 18, le ministre de la communication dépêché sur les lieux du drame pour coordonner la communication gouvernementale fait fermer (en violation de la Loi) l’une des rares radios privées locales (Zaly Liberté FM) sous le prétexte qu’elle donnait des informations précises à la presse étrangère et donc envenimait la situation sociale ; pour la révision des listes électorales (du 13 au 28) convenue dans l’accord politique pour permettre le recensement des militants de l’opposition, une « opération escargot » est savamment préparée par le PPAC. Tout est mis en place, sur les plans technique et financier, pour boycotter cette opération. Ainsi 3,500 agents déployés dans tout le pays ont recensé environ 32,300 personnes après une semaine de travail, soit moins de 10 par agent (moins de 2 par jour !) et il ne reste plus qu’une semaine de recensement. Comparé aux 400,000 recensés aussi rapidement à Kankan il y a quelques mois on comprend aisément la magouille en cours : Oui à la révision théorique, mais Non en pratique - revoilà notre Lionel Messi national à l’œuvre. Et l’opposition ne fait rien de concret pour contrer cela : elle est tellement sûre de gagner, comme pour la Présidentielle de 2010 ; le 22, soit une semaine après les massacres ethniques de centaines de guinéens pendant qu’il était en ballade à l’étranger le PPAC, en brève escale à Conakry décrète une journée de deuil national – inutile de dire que personne n’a daigné suivre cette instruction. Il n’y a eu que les drapeaux pour être en berne ce jour-là ; le 26, un militaire emprisonné (Mamadou Bondabon Camara) est mis en liberté provisoire pour état de sante critique sur demande du magistrat William Fernandez : cela confirme qu’il doit être coupable de tous les crimes qui lui sont imputés en Guinée ; les 30 et 31 les jeunes et les femmes de Conakry sont de nouveau dans les rues pour exiger du courant électrique dans leurs maisons. Les protestations touchent même des communes jusque là « silencieuses » comme Dixinn et Matam. Le gouverneur de la capitale Resto-Cop est même lynché par la foule et son « véhicule de commandement » callaissé à souhait. Comme d’hab. policiers et gendarmes tirent les yeux fermés et les blessés par balle sont expédiés dans le hôpitaux du coin. Parmi eux des noms de famille comme Diané et Coumbassa : et oui, délestage, souffrance et injustice ne connaissent pas ethnie. Le changement est en vitesse de croisière de ce côté-là aussi et toute la population l’a compris maintenant.

Sous-chapitre spécial : résumé détaillé du procès du 19 juillet 2011 : l’injustice finale (2e partie) : le ballet des avocats prend fin le 02 avec maitres Bassirou Barry et Mohamed Traoré. Le narco-procureur nous a fait bien rire en nous présentant enfin le tant cité Emile Guilavogui, « frère » Jean Guilavogui. Ce dernier avait accusé son parent de l’avoir entrainé sans qu’il ne le sache dans ce faux problème qui lui a valu déjà 2 ans de prison et un bras. Hélas pour le narco de la Cour, après confrontation il est avéré qu’il s’était trompé de personne ! La phase des répliques des avocats de la partie civile et du procureur aux plaidoiries des avocats de la défense démarre le 03 avec les impolitesses de maitre « Iznogoud » Doumbouya qui a vanté les valeurs surhumaines du PPAC. Voici quelques extraits des bassesses qui résument bien le personnage : « le dénominateur commun des plaidoiries c’est la haine viscérale contre le Président de la République. On peut ne pas l’aimer mais ses qualités sont hors de contestation. C’est une évidence, n’en déplaise à ceux qui sont mécontents de son statut…Je n’ai pas compris lorsque la défense s’est apitoyée en ouvrant un chapitre entier sur la peine de mort...Il faut qu’on cesse d’utiliser les patronymes (peuls) des accusés. Ce sont de simples guinéens. Il ne faut pas infantiliser les débats pour tomber dans des banalités faciles...L’arrivée des renforts (sur les lieux de l’attaque) ne nous intéresse pas non plus. Renforts ou pas, le Commandant Suprême des Armées est sorti indemne…Je ne savais pas qu’il y avait des perroquets dans le barreau guinéen. Je suis vraiment content qu’il y ait des perroquets au sein du barreau désormais ». Le lendemain il est suivi de maitre « Grand Corps malade » Destephen qui a su bien clôturer son laïus par une pensée de Confucius : « celui qui veut mettre de l’ordre dans le monde, qu’il commence par mettre de l’ordre dans son pays ; celui qui veut mettre de l’ordre dans son pays, qu’il commence par mettre de l’ordre dans sa famille et celui qui veut mettre de l’ordre dans sa famille, qu’il commence par mettre de l’ordre dans sa vie personnelle, qu’il guérisse son cœur » ; je me demande à qui il pensait en disant cela. Les 10 et 11, les avocats de la défense répondent (encore !) au procureur et à leurs collègues de la partie civile. L’un d’entre eux a assuré maitre Doumbouya d’une grande carrière politique à la guinéenne (ministre) après ce procès tant son cirage des bottes présidentielles a été impressionnant. Dans la matinée du 12, tous les prévenus sont passés une dernière fois, un à un, pour clamer leur innocence puis le Président de la cour d’assises et ses jurés se sont retirés pour rendre leur verdict final.

The End : après 17 heures de délibérations, le TPR-PPAC (Tribunal Populaire Révolutionnaire surnommé Cour d’Assises pour cette occasion) fusille son verdict le samedi 13 à 04h25 du matin (pour se cacher du public après leur infamie) :

·       Condamnés à perpétuité (6) avec confiscation de tous leurs biens par l’Etat: Commandant AOB Diallo (« cerveau » de la farce) ; Jean Guilavogui (jeune menuisier paumé qui a perdu en plus un bras par amputation dans cette affaire) ; le lieutenant Mamadou Bobo Diallo (en exil ou mort) ; les politiciens Ahmadou Oury Bah et Lamine Diallo (en exil) ; le civil Emile Guilavogui (en exil ou mort).

·       Condamnés à 15 ans (3) : Mme Fatou Badiar Diallo (commerçante) ; Almamy Aguibou Diallo et Mamadou Alpha Diallo (petites frappes des services secrets du PPAC).

·       Condamnés à 5 ans (3) : Baba Alimou Barry (petite frappe des services secrets du PPAC) ; Thierno Sadou Diallo (responsable politique de l’UFDG) ; lieutenant Amadou Adama Mara (déficient mental).

·       Condamnés à  3 ans (2) : Mamadou Macka Bah (forgeron infirme) ; Lamarana Diallo (ex-chauffeur de l’ex-1e dame) ;

·       Condamnés à 2 ans ou 16 mois et qui doivent donc être libérés immédiatement : (4) dont 1 militaire (le comandant « rastaman » Aboubacar Sidiki Camara dit De Gaulle).

·       Déclarés non coupables mais redevables à l’Etat pour 2 ans de prise en charge gratuite en prison 5 étoiles : (17) dont 11 militaires.

·       Déclaré pardonné (1) : lieutenant Condé – absent à l’appel le 1e jour du procès et oublié depuis le 2e, il est blanchi pour « bon patronyme ».

·       Décédés en prison avant leur procès (4) : le pauvre civil Thierno Soufiane Diallo ; lieutenant Ousmane Coulibaly, défenestré dans le bureau du chef d’état major de l’armée ; colonel Abdoulaye Aidor Bah, pour longue maladie sans soins appropriés ; colonel Issiaga Camara pour les mêmes raisons que le précédent. Disons qu’ils ont donc été condamnés à mort sans contumace avant le début du procès…

Le PPAC a voulu nous couillonner en nous faisant croire que le procès serait juste et indépendant avec au démarrage l’accès libre au public et la diffusion télévisée de toutes les séances. Il aurait dû finalement faire comme son grand frère, Ahmed Satan Touré : donner l’illusion (éphémère) qu’une justice existe réellement en Guinée. Au contraire il aura confirmé qu’il est un professeur formé à partir du guide « formation de juristes-dictateurs pour les nuls » à la Sorbonne.

·       Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…

·       Contre : pour le procès des sacrifiés du 19 juillet 2011, le PPAC pense avoir réussi à « sauver la face » devant les guinéens et les étrangers : il a prouvé qu’il y bien eu tentative de coup d’état et de déstabilisation de l’ordre constitutionnel ; qu’il a bien échappé de peu à une mort certaine et horrible ; et que les coupables ont été bien punis selon les règles de sa république tropicale. Le Président de la Cour Fodé Bangoura a clos le dossier par ces mots sibyllins : « S’il y a eu des erreurs, les magistrats plus expérimentés (et plus puissants que mon chef) vont corriger les erreurs. La vie c’est comme ça, pendant que d’autres se réjouissent (qui ??), d’autres sont en larmes (comme moi ?) ». Le verdict annoncé dans la presse sénégalaise, dans Jeune Afrique et sur RFI par le PPAC, bien avant le début du procès a été respecté à la lettre. Nous innovons une fois de plus : un coup d’état où tous les militaires (à part un fou) sont libérés et où une femme de ménage et de pauvres civils sans « bras longs » sont condamnés. Rideau et bon Ramadan, messieurs les Présidents et jurés de cette Cour  historique. Priez beaucoup et très fort pour que le bon Dieu vous pardonne en ce mois saint, mois de justice pour les faibles et de pénitence pour vos lourds pêchés…

·       Une Nouvelle Voie : la solution est facile pour une nouvelle voie : lire cette section et faire juste le contraire…

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Mr le PPAC, à force de mélanger tout le monde dans votre farine politique vous vous retrouvez maintenant au centre de la miche de pain. Désormais vous ne pilotez plus votre propre pays : pour qu’il y ait une semi-paix civile cela dépend maintenant de la communauté internationale et de votre opposition, plus de vous. Vous prenez des décrets tous les jours mais tout le monde s’en fout ; vos ordres et menaces font plutôt sourire maintenant. Incontestablement votre plan de prendre l’Assemblée nationale à la hussarde, comme vous aviez volé l’élection présidentielle en 2010 a du sable dans l’engrenage mal huilé. Bien-sûr on s’attend toujours à un coup fourré avec vous mais cette fois-ci vous aurez tout le monde, sur les plans national et international, sur le dos – ce qui n’est pas un argument insurmontable et inhabituel pour vous. Mais, cette fois-ci boss, 18% sera égal à 18%, pas à 52%. Yako ! (dommage pour vous). Le seul regret pour nous tous est de savoir qu’il aura fallu plus de 50 morts (dont au minimum 04 en prison), des centaines de blessés graves, des milliers de familles ruinées et plus de 1,000 milliards de GNF économiquement perdus par le pays (selon votre propre ministre du plan) pour aboutir à une solution si simple et si évidente. Les « blancs » sont venus et vous ont fait reconnaitre en quelques heures une évidence que 90% vous répétaient depuis près de 3 ans ! Pourquoi nous avoir montré maintenant clairement votre secret : les complexes qui vous rongent en profondeur ? Certains nous avaient prévenus dès le départ mais plusieurs savaient qu’ils avaient de vieux comptes de diaspos à régler avec vous et  n’ont pas voulu les croire avant d’avoir vu de leurs propres yeux. Et ils en ont vu, des vertes et des pas mûres.

Maintenant il devient plus aisé d’en comprendre les causes profondes : votre jeunesse d’enfant frustré et marginal en raison de parents « étrangers » en Guinée ; votre adolescence en France sous la coupe d’un colon, ex-maitre de vos parents ; vos années de dèche universitaire sans aucun des privilèges de vos camarades de bancs pour vivre dignement. Et ensuite une vie de débrouillardise, de lèche des « frères » tyrans africains et de coups-bas pour garder la tête hors de l’eau et percevoir les subventions publiques mensuelles de votre patrie, la France. Un tel cheminement transformerait tout homme normal en requin, sans amis réels et sans pitié pour toute personne qui se mettrait sur le chemin de ses ambitions démesurées de rattraper tout le temps et les opportunités perdues. Bref un  grand malade, complexé chronique qui a dès l’enfance rêvé même éveillé d’un pouvoir absolu pour prendre sa revanche sur tous ceux qui étaient à ses yeux «  plus bénis que lui ». Voilà en fait votre plus grande ressemblance avec votre nouvelle idole Ahmed Satan Touré mais vous utilisez ses stratégies  préhistoriques, dépassées au XXIe siècle et vous serez perdant à plate couture.

Même vos rares partisans restants, les plus intelligents et prudents, commencent à s’en apercevoir. Ils ne vous ont pas soutenu en 2010 parce qu’ils vous considéraient comme l’un des leurs mais plutôt parce que vous pouviez les aider à récupérer «  le trône guinéen » perdu depuis 1984. Ils commencent maintenant à comprendre que non seulement vous ne les épargnerez pas dès que vous aurez tous les pouvoirs (comme Satan Touré) mais qu’en plus vous voulez les piller eux aussi pour ensuite aller mourir en Crésus chez vous, à Paris et à Ouagadougou. En les laissant en plus, en raison de vos bassesses ethniques, à la merci d’une vindicte (ouverte et en douce) de tous les autres guinéens. J’espère qu’ils sauront réagir positivement avant qu’il ne soit trop tard car la majorité reste avant tout des concitoyens à part entière de la Guinée de demain.


Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd`hui est le 953e jour du « changement radical » et du « Guinea is back » - déjà 2 ans, 7 mois et 10 jours ! Le mi-mandat est maintenant dépassé. La PPAC a ramassé en pleine figure ce mois-ci le mur de ses turpitudes politiques. Soit il joue le jeu de poker-menteur présentement sur la table et fait profil bas avec toutes les souffrances internes impossibles à supporter (il va multiplier les voyages à l’étranger), soit il engage pour nous la solution finale : « AC dégage » qui sera finalement chantée en chœur par presque tous les guinéens, comme pour Bokassa, Idi Amin, Nemeyri, Taylor, Gbagbo, Dadis, Kadhafi, Ben Ali, Moubarak et Wade. Ils ont tenté avant lui le coup de poker de la dictature – les plus heureux brulent tranquillement en enfer ; les autres pleurent dans leurs prisons à vie et s’arrachent les derniers cheveux de rage contre leurs entourages de l’époque.


Pour clôturer une petite anecdote tellement « guinéenne » : les babouins du zoo de Besançon originaires de Guinée ont été expulsés pour vandalisme : ils avaient pris la mauvaise habitude de démonter pierre par pierre la muraille qui les entoure qui est classée monument historique par l’UNESCO. Les responsables du zoo estiment qu’en raison de leur vandalisme il sera difficile de les recaser dans d’autres zoos. Vraiment tout ce qui guinéen est désespérant !

 

31 Juillet 2013

A.O.T. Diallo

 

NB : vous pourrez suivre chronologiquement cette série et les précédentes (depuis le début du changement en Guinée en janvier 2007) sur mon nouveau blog: https://aotdiallo.wordpress.com/

 


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Vous avez une journée extraordinaire,

A.O.T. Diallo
Guinéen, mais optimiste!




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Vous avez une journée extraordinaire,

A.O.T. Diallo
Guinéen, mais optimiste!

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